Il y a, en France, deux façons d’être jugé.
La première est réservée à ceux qui servent à quelque chose. Les politiciens. Les hauts fonctionnaires. Les influenceurs qui appellent au meurtre pourvu qu’ils appellent au meurtre des bonnes personnes. Les nervis de la Jeune Garde. Les multirécidivistes sous obligation de quitter le territoire, qui ne quittent jamais rien. Pour ceux-là, la procédure existe, elle s’ouvre, elle avance — et elle s’arrête. Toujours au même endroit : juste avant la sanction.
La seconde est pour nous. Le Français ordinaire. Le Gilet jaune. L’automobiliste. Le père qui a mal parlé à un agent. Pour ceux-là, la machine ne s’arrête jamais. Elle est rapide, précise, appliquée. Sa rigueur est même remarquable — et remarquablement inversée : plus le fait est bénin, plus la réponse est ferme.
Ce n’est pas de la Justice. C’est de la gestion politique, administrative et sociale.
La loi n’est pas lente : elle trie
Nous avons pris l’habitude d’entendre que la Justice manque de moyens. Que les greffes débordent. Que les magistrats sont trop peu nombreux. C’est l’explication officielle, et elle a un mérite immense pour ceux qu’elle protège : elle occupe le terrain.
Mais une machine qui manque de moyens ralentit — elle ne choisit pas.
Or celle-ci choisit. Toujours dans le même sens.
Pierre Lefevre
Co-fondateur de Libre Consentement Éclairé