Présentation — Lisa Li
Le 15 juin, dans le deuxième volet de cette série, Pierre Lefevre écrivait que la pourriture étatique n’est pas seulement une dépense, qu’elle est avant tout une clientèle, et qu’une clientèle se ménage, surtout avec cette puissance électorale. Il avait promis d’y revenir. Il tient parole.
Il pose la question que nul, à Paris, n’ose formuler : combien de Français ont un intérêt direct, personnel, financier, à ce que rien ne change ?
Sa réponse : onze millions – pour le seul noyau des fonctionnaires et assimilés en activité et à la retraite.
Autour de ce noyau, des millions d’autres vivent eux aussi de l’argent public : près de deux millions de salariés d’associations qui reçoivent près de soixante milliards d’euros par an ; trois millions et demi de personnes au RSA ; cent mille intermittents du spectacle ; quarante-huit mille salariés d’une presse de milliardaires presque entièrement subventionnée ; seize mille salariés de l’audiovisuel public, qui engloutit plus de quatre milliards par an. Et devant les professeurs du bloc, trois millions d’étudiants.
À lui seul, ce bloc, c’est près d’un Français sur quatre parmi ceux qui travaillent ou touchent une retraite – 23,1 % –, payé ou pensionné par l’argent prélevé sur le dos des esclaves du privé. Et dans l’isoloir, il pèse jusqu’à un suffrage exprimé sur trois – 34,3 %. Je lui laisse la parole.