Kristin Logan a un cancer de l’ovaire. Stade 4. Les métastases ont gagné des organes éloignés. Elle attend le premier appel de l’équipe d’oncologie. Il ne vient pas.
Ce qui vient, c’est un dépliant. Par la poste. Il lui présente l’aide médicale à mourir.
« Je n’avais même pas encore vu d’oncologue quand j’ai reçu ce dépliant », raconte-t-elle ces jours-ci sur une chaîne américaine. « Alors que j’attends le premier appel de l’équipe d’oncologie, je reçois ce dépliant qui m’indique, en somme, que je peux aller me suicider. À ce moment-là, vous réalisez à quel point la situation est dystopique. »
Avant le médecin, le formulaire d’« aide à mourir ». Avant le traitement, les blouses blanches lui proposent la mort : elles lui proposent de l’assassiner, pour son bien-être.
Kristin Logan avait une chance qui se nomme « passeport américain ». Elle a quitté le Canada pour se faire soigner aux États-Unis, où ce fut très bien fait sans que personne ne lui propose de l’assassiner avec son consentement. Les tueurs en blouse blanche canadiens lui donnaient moins de deux ans à vivre. Trois ans plus tard, elle dit que son pronostic « s’annonce plutôt bien ». Pour elle, rester au Canada, c’était réellement prendre le risque d’être éliminée par ces tueurs.
Patrick Ledrappier
Président co-fondateur de Libre Consentement Éclairé