Samedi 17 octobre, Marseille, rue de Paradis, la boutique Armenak est saccagée.
Elle n’est pas seule : la préfecture compte ce jour-là, dans la ville, trente mille pillards, dont huit mille émeutiers, et plus de six cents commerces vandalisés.
À l’échelle du pays – et c’est le ministre du Commerce lui-même qui avance le chiffre –, au moins trois mille commerces ont été touchés.
Vu des États-Unis, où l’on sait encore ce que veut dire défendre son seuil, le spectacle a quelque chose d’irréel : un vieux pays, des forces de l’ordre suréquipées quand il s’agit de charger des Gilets jaunes, et des commerçants seuls derrière leur rideau de fer, à regarder – impuissantes victimes abandonnées par les politiciens – le saccage et le pillage de ce qui est, bien souvent, le travail d’une vie.