L’affaire a commencé par une répétition. Les pirates informatiques avaient écrit un petit programme – un « aspirateur » – capable de vider en un instant un portefeuille de Binance, le numéro un mondial des plateformes d’échange de cryptomonnaies.
Avant de s’attaquer à Binance, ils l’ont essayé sur eux-mêmes : ils l’ont branché sur des portefeuilles qui leur appartenaient, y ont déposé quelques dollars et ont regardé la machine aspirer. Puis ils ont recommencé. Pendant près d’une journée.
Tout cela s’est passé sur Ethereum, le deuxième réseau de cryptomonnaies au monde après Bitcoin – celui sur lequel on peut faire tourner des programmes.
Comme Bitcoin, Ethereum repose sur une blockchain : un grand livre comptable informatique où chaque transaction est inscrite pour toujours – et que n’importe qui, depuis n’importe quelle connexion Internet dans le monde, peut consulter. Les répétitions des pirates y étaient écrites en clair, mais personne n’a été intrigué par leur manège.