Alhamdoulillah
Detroit, nuit du 3 au 4 novembre 2026. Abdul El-Sayed monte à la tribune. Il ne commence pas par Dieu. Il commence par son slogan, qu’il scande avec la salle : « L’argent hors de la… – politique ! L’argent dans votre… – poche ! Medicare pour… – tous ! »
Puis il se présente : « Je m’appelle Abdulrahman Mohamed El-Sayed, et je suis si fier et si honoré d’être devant vous comme votre sénateur élu du Michigan. Jusqu’à présent, vous l’avez peut-être remarqué, je disais toujours “inchallah”, si Dieu le veut, chaque fois qu’on évoquait l’issue de cette élection. Mais aujourd’hui, ce soir, nous pouvons transformer cet inchallah en… »
Ses partisans, au comble de la joie, terminent pour lui : « Alhamdoulillah ! » Il reprend le mot, puis se tourne vers ses adversaires : « Pour les agents de la droite, cela veut juste dire : louange à Dieu. »
Dans la salle, tout le monde n’a pas entendu la même chose. Les wokistes, heureux que l’islam s’impose enfin au Sénat des États-Unis, ont ri d’un bon mot lancé aux « suprémacistes blancs », c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas voté démocrate. Les musulmans, eux, ont entendu une prière : avant la victoire, on s’en remet à Dieu – inchallah ; après, on le remercie de la prière exaucée – alhamdoulillah.